Incohérence gouvernementale: Péril de la démocratie

Ces articles sont des créations des participantes et participants au Profil Communication – Démocratie et médias. Ils ont toute la liberté d’écrire sur les sujets de leur choix. Le contenu n’est pas endossé par l’INM.

Noémie Noël

 

Avec l’arrivée imminente des prochaines élections fédérales viennent plusieurs réflexions sur notre système et sur ses failles. Au cours des dernières années, nous avons vu un déclin évident de la participation citoyenne au suffrage, et ce tout autant au provincial qu’au fédéral. En effet, la participation politique est en baisse au Canada et au Québec, ce qui met en doute la santé de notre démocratie.

Mais pour quelles raisons enregistrons-nous des taux de participation de plus en plus faibles chaque année? Il semble tout à fait évident pour moi que c’est tout simplement dû à une perte de confiance envers les gouvernements. Effectivement, à chaque mandat, les Canadiens et Canadiennes mettent leurs confiance entre les mains d’un parti, d’un premier ministre, et sont bien souvent forcés de reconnaître que leurs attentes n’ont pas été comblées. À mon avis, la profonde divergence qui apparaît entre les propos pré-électoraux et les actions gouvernementales décourage la population d’exercer un de ses seuls pouvoirs : voter. Car après tout, à quoi cela sert-il de sortir de chez soi pour aller voter pour un parti qui se dit environnementaliste si au bout du compte, il autorisera des projets d’énergie fossile au travers le territoire? Pourquoi, ou plutôt pour qui voter alors que l’incohérence règne chez les groupes au pouvoir?

C’est dans ces temps sombres où les communautés ne sont plus à même de s’assurer que le parti gouvernant défendra leurs intérêts que l’on peut affirmer que notre démocratie ne se porte pas bien. On élit des partis sans expériences qui prônent la laïcité en limitant la religion dans l’État d’un côté, mais qui investissent dans le patrimoine religieux de l’autre.

C’est une chose de voir un parti qui ne nous rejoint pas accéder au pouvoir, on peut l’accepter car c’est la démocratie qui a parlé, mais s’en est une autre de voir que ce parti ne rend pas ce qu’il avait promis, car dans ces cas-là, ce n’est pas la majorité qui parle, c’est le parti. Mais, comment faire confiance à une institution qui est née pour représenter tes intérêts et qui utilise cette position avantageuse pour représenter sa propre vision du monde?

Ainsi, notre soi-disant démocratie commence dangereusement à révéler une oligarchie défendant ses propres intérêts en cédant aux lobbies et en se faisant tenter par la corruption, mettant ainsi en péril notre pouvoir de peuple. Les incohérences gouvernementales sont des preuves tangibles de cette tendance de plus en plus grande des partis au pouvoir à défendre les intérêts de l’extrême minorité qui compose l’élite économique canadienne.

Notre système est malade, il met trop de pouvoirs dans les mains du parti majoritaire, et ce dernier peut en faire à peu près ce qu’il veut. Après tout, si des situations comme SNC-Lavalin peuvent se produire, où sont les limites?

  Mais, bon on parle de problème, il faut donc aussi aborder les solutions, puisqu’il y en a. Tout d’abord, il semble primordial d’investir dans des campagnes de sensibilisation et d’information. Il me paraît évident aussi que le citoyen a son rôle à jouer! Il faut impérativement éviter de céder au cynisme et lutter pour mettre en branle  les changements que nous désirons voir dans le monde. Et cette lutte ne se limite pas à 20 minutes de vote aux 4 ans. Ensuite, il est impératif de décentraliser le pouvoir exécutif qui se trouve  à être presque entièrement possédé par le premier ministre. Il me semble aussi important de redynamiser la démocratie, notamment en modernisant les structures, les procédures, le gouvernement et les partis.

Un autre point capital, alors que nous sommes à l’ère de la partisanerie, serait de donner plus de libertés aux députés tout en mettant l’emphase sur leur rôle. Il est aussi essentiel de limiter cette partisanerie afin de permettre une collaboration globale entre les partis au gouvernement. Finalement, favoriser une meilleur représentation de la population aiderait à diminuer la distance entre le pouvoir et le peuple, particulièrement en réduisant l’impression que les élus font partie d’une « élite ». Mais cela ne se fera pas sans lutte, c’est à nous de nous battre pour récupérer ce qui nous est dû : le pouvoir décisionnel.

  

  

 

 

 

 

 

 

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