L’éco-anxiété, le mal de la fin du monde

Ces articles sont des créations des participantes et participants au Profil Communication – Démocratie et médias. Ils ont toute la liberté d’écrire sur les sujets de leur choix. Le contenu n’est pas endossé par l’INM.

 

Ana Dora Tanase

Emily Zhang

Daphnée Gagnon-Beaulé

Jean-Baptiste Demouy

Photo Émilie Zhang

L’éco-anxiété reste un phénomène relativement nouveau. Elle se faufile au cœur de nos vies comme une mauvaise allergie. Seul problème, celle-ci, une fois installée, a du mal à s’en aller. Parmi les symptômes de l’éco-anxiété, on trouve l’irritabilité, les crises de panique, la perte d’appétit ou les insomnies. L’impuissance, la tristesse, perte de courage sont des termes qui reviennent souvent pour le définir. Mais en travaillant ensemble, il y a des solutions à ce nouveau mal du XXIè siècle.

Le mal, pour l’occident reste encore quelque peu flou. Pourtant, d’autres pays moins chanceux souffrent depuis longtemps des conséquences des changements climatiques. Selon le chercheur postodoctoral à l’école de santé publique de l’UdeM, Francis Vergunst, « On peut s’attendre avec les évènements climatiques comme les tempêtes, les inondations ou les migrations forcées, à une augmentation de la dépression, des traumatismes ou encore des suicides. » 

Si le chercheur parle assez gravement de cette problématique, c’est que selon lui, le contexte actuel est assez mauvais pour la santé mentale. « Même si le lien est difficile à démontrer entre ces deux phénomènes, une étude récente montre qu’une augmentation de 1°C entraîne une augmentation du taux de suicide de 0,7 % aux É-U. Et de 2,1 % au Mexique. » 

Il est rejoint sur le sujet par la co-porte-parole de la planète s’invite en santé, Anne-Sara Briand. « Les changements climatiques représentent la plus grande menace à la santé, notamment la santé mentale, s’exclame-t-elle. Il y a plus de maladies, de stress, de pauvreté et donc d’éco-anxiété. » Ce qui est difficile selon elle à gérer pour les personnes est l’impuissance qu’on peut ressentir face à ce défi. 

Une autre entrevue avec André Yanne Parent, intervenante de l’école d’été de l’INM, a révélé que la peur des changements climatiques affecte aussi les gens habitant en banlieue et en campagne. En effet, même si la pollution peut sembler moins présente qu’en ville, on observe une grande présence d’industries en région. Les résidents remarquent donc la problématique de la pollution émise par ces entreprises, ce qui les amènent à réfléchir et même à angoisser sur les changements climatiques. L’éco-anxiété n’est donc pas réservée aux résidents de métropoles, mais l’ensemble de la population.


Éco-anxiété: un mal très présent chez les jeunes. Elle affecte :

70 % des 18-34 ans

56 % des plus de 55 ans

* Étude Gallup : L’anxiété face aux changements climatiques

Selon la créatrice du collectif Pour le futur Montréal, Sara Montpetit, l’éco-anxiété est un phénomène tout à fait normal. De ses 17 ans, cette jeune militante constate qu’il est légitime pour les jeunes de son âge d’être angoissés par les bouleversements climatiques. « J’ai eu le déclic lors d’une discussion avec des amis du fait d’avoir des enfants dans un futur incertain. » À cette crainte, sa solution est d’agir. « Pour certaines personnes, l’éco-anxiété peut être synonyme d’impuissance, mais dans mon cas, ça me stimule. » Prendre du temps pour soi et avoir du plaisir sont deux autres bons moyens de contrer cette anxiété. 

Comme le dit Sara Montpetit , il y a des solutions à ce mal. « Et l’espoir est là, comme l’indique le directeur général de la fondation Suzuki, Karel Mayrand. Oui, on voit de la tristesse, de l’impuissance face au défi climatique, mais il faut en parler. Il y a de plus en plus de groupes de soutien, d’actions pour faire face à la crise. » Pour le rédacteur du pacte pour la transition, Dominic Champagne, « l’angoisse est l’impossibilité d’agir. Le premier remède est l’action. »

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