Un vent de changement, ou des vents de changement? 

Ces articles sont des créations des participantes et participants au Profil Communication – Démocratie et médias. Ils ont toute la liberté d’écrire sur les sujets de leur choix. Le contenu n’est pas endossé par l’INM.

Maud Pidou

L’École d’été de l’Institut du Nouveau Monde se définit comme trois jours de réflexions, d’échanges et d’idées pour encourager l’action collective. Ou plutôt les actions collectives. Car chacun des participants est là avec une cause principale qui lui tient à cœur.  Que ce soit la cause environnementale, autochtone, féministe, LGBTQI+, le combat contre le racisme, l’inclusion des personnes handicapées, la démocratie, chacun est là pour changer les choses et améliorer notre capacité à mieux se comprendre les uns les autres. Dans l’idéal, chaque cause se rejoint, chaque action converge dans un rassemblement des luttes pour le changement profond de nos sociétés, en adressant nos biais et nos angles morts. Mais est-ce vraiment toujours le cas, ou sommes-nous chacun dans notre pré carré sans jamais se soucier du combat du voisin? 

À titre d’exemple, le combat pour l’égalité des genres et les droits des femmes versus la lutte pour la transition écologique sont deux causes qui ne se rencontrent pas toujours. L’importance du rôle et des connaissances des femmes, et particulièrement des femmes autochtones, dans la lutte aux changements climatiques est bien souvent minimisé. Comme le souligne le plaidoyer de l’Association Québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI), Pour une justice climatique féministe, « Les connaissances environnementales des femmes autochtones en particulier ont été sous-évaluées et pourraient apporter une contribution importante à la recherche et l’élaboration de politiques sur les changements climatiques. ». 

Heureusement les différents acteurs commencent  à prendre conscience de l’interdépendance des enjeux. Lors du dîner engagé, le responsable de la campagne Climat Énergie de Greenpeace Canada, Patrick Bonin, m’a fait part que de plus en plus de partenaires sont assis autour de la table pour discuter des enjeux climatiques sous différents angles, pour réfléchir aux impacts et à l’inclusivité de leur campagne notamment en intégrant des tables de femmes autochtones. Parallèlement, le communiqué de 2018 du W7, qui regroupe plus de 60 féministes au Canada, des pays du G7 et de partout dans le monde, a un paragraphe intitulé « Travailler ensemble au sujet du changement climatique » qui énonce les mesures transversales à prendre pour répondre à la fois aux enjeux climatiques mais aussi aux enjeux d’inégalité de genre. 

Pour inventer un monde de demain plus vert et plus juste, il est essentiel que nos luttes convergent pour se nourrir les unes des autres.  Aborder les questions climatiques sous un angle social complexe, avec une analyse des relations de pouvoir basés notamment sur le genre,  permet de s’attaquer à notre modèle et aux causes de la crise climatique en profondeur tout en faisant des progrès en terme de justice sociale. 

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